BIG BROTHER : 69 ANS APRÈS

1931 : Aldous Huxley imagine une société qui utiliserait la génétique et le clonage pour conditionner et contrôler des individus dans “Le Meilleur des Mondes

1949 : Dans “1984”, George Orwell invente un futur où un empire totalitaire exerce l’hyper-surveillance sous l’oeil de Big Brother. 69 ans plus tard, le roman d’anticipation est de nouveau en tête des ventes aux États-Unis.

Cette littérature d’anticipation illustrent la préoccupation de longue date concernant l’émergence de la technologie.

Biberonnées aux films et séries, notre génération affronte aujourd’hui ses peurs à travers sa consommation du grand et du petit écran.

BLACK MIRROR : MIROIR DYSTOPIQUE DE NOTRE RÉALITÉ

Ces dernières années, la science-fiction a trouvé son Graal : la dystopie du numérique. Les fictions prédisent une vision dystopique du futur dans lequel l’humain s’auto-détruira à coups d’armes de technologies massives.

Véritable catalogue de nos peurs face au numérique, Black Mirror s’est rapidement imposé comme la référence du genre. La série britannique de Charlie Brooker caricature notre hyper-modernité.

L’épisode “Chute Libre” (épisode 1, saison 3) interroge notre rapport aux réseaux sociaux. Dans un récit grinçant, la série imagine une société organisée en fonction des notes sociales attribuées à chacun sur les réseaux sociaux. Chacun note l’Autre de 0 à 5. En fonction de la moyenne des notes obtenues, celui-ci pourra accéder (ou non) à certains services. Ici, Lacie souhaite par exemple acheter un appartement mais la note requise est de 4,5 et elle n’a qu’un 4,2 à son compteur.

Cette série s’avère troublement avant-gardiste. Pour preuve, le Washington Post a révélé en octobre 2016 que le gouvernement chinois souhaitait développer un “crédit social” basé sur la Big Data afin d’évaluer la fiabilité des citoyens : déploiement prévu pour 2020. La Chine fait donc d’ores et déjà écho à l’épisode de Black Mirror décrit plus haut… avec un système plus proche de la réalité dystopique que de la fiction.

Les séries du genre se multiplient : “Altered Carbon”, “Westworld” mais aussi “Mr Robot”, qui suit le quotidien d’un informaticien dépressif qui tente de prendre les armes numériques après la rencontre d’un mystérieux cyber-activiste.

Arte flirte aussi avec nos craintes dansReal Humans” qui questionne les droits des robots dotés d’intelligence artificielle.

NOS PEURS SUR GRAND ÉCRAN

Le cinéma n’est pas en reste 35 ans après “Blade Runner”, Denis Villeneuve marche dans les pas de Ridley Scott avec “Blade Runner 2049”. Récit d’une société fragilités par les tensions entre humains et esclaves créés par bio-ingénierie.

Au cinéma, on retrouvera Transcendance qui imagine une intelligence artificielle incontrôlable ou encore Her de Spike Jonze qui interroge nos rapports à l’humain dans un monde hyper digitalisé. Le dernier en date est évidemment Ready Player One, signé Steven Spielberg qui nous entraîne en 2045 époque où la VR serait devenue le seul échappatoire d’une humanité désoeuvrée où le virtuel capterait tous les enjeux de pouvoir.

Albane