3 secondes. C’est le temps qu’il faut à un internaute pour donner son avis sur un réseau social et que celui-ci puisse être vu par le monde entier. En un clic, vous pouvez donner votre opinion sur n’importe quel sujet, pour le meilleur… comme pour le pire.

Vous l’avez sans doute remarqué, la sensibilisation au politiquement incorrect s’intensifie sur l’ensemble de la toile. Cependant, en parallèle, une vague de propos borderlines déferle sur un certains nombre de nos réseaux sociaux. Racisme, misogynie, violence verbale, comment expliquer cette haine 2.0 ?

Dégénérescence ou évolution ?

A première vue, on pourrait penser que cette « tendance » est un des nouveaux maux causés par les NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication). Cependant, il est difficile d’affirmer la véracité de cette idée, car l’intolérance n’a pas attendu l’arrivée d’Internet pour faire entendre sa voix. 

En effet, la différence réside ici dans l’écho que peuvent avoir des propos virulents. Avant l’intrusion massive de Facebook et ses confrères, un propos tenu sur un forum dans les entrailles d’Internet n’avait pas la même portée potentielles qu’un tweet ou un post Facebook. En effet, n’importe qui peut faire l’effet d’un buzz et démultiplier son audience grâce à ces outils. 

Par exemple, il nous est tous arrivé un jour d’entendre quelqu’un faire une réflexion raciste à voix haute pour exprimer son dégoût face à une publicité mettant en scène une personne d’une ethnie différente. À l’époque, cela ne concernaient que les oreilles et la morale des gens présents autour de sa table à ce moment précis.

À l’heure actuelle, n’importe quel « haineux » a la possibilité diffuser ses propos à grande échelle. Encore pire, cela génère, la plupart du temps, de nombreuses réactions offusquées qui participent à faire remonter leurs commentaires en tête. 

Modération visuelle… et aseptisation

Le nerf de la guerre pour beaucoup de community managers, c’est la modération ! Paroles violentes accrues, échanges tendus fréquents, propos de plus en plus choquants… Beaucoup de modérateurs arrivent à saturation. La solution choisie par certains ? La modération visuelle. Par cela, ils choisissent de mettre en avant sur un visuel l’individu le plus « standard » afin de ne pas avoir à gérer le flot de commentaires négatifs. 

Résultat ? Nous voyons fleurir de plus en plus de visuels aseptisés montrant par exemple un couple caucasien avec un homme et une femme cisgenre dans des rôles masculin/féminin stéréotypés. 

Alors que les réseaux sociaux apportaient auparavant un souffle de fraicheur de pensée (qui faisait du bien à la toile, et à la société), connaitraient-ils aujourd’hui le triste sort des clichés publicitaires de la télévision ?

Et pourquoi ne pas apprendre le « social respect » ?

L’anonymat. C’est lui qui permet de se cacher derrière un profil pour déblatérer des propos injurieux et racistes sans être démasqué. Cela participe à la prolifération du « politiquement incorrect » sur les plateformes. 

Bien souvent, le CM est partagé entre répondre avec justesse mais alimenter la discussion, ou ignorer simplement le perturbateur. 

Comment réagir ? Les réprimer juridiquement ? Comment ? La plupart d’entre eux prennent bien soin de masquer leur véritable identité… Les réseaux sociaux faisant maintenant intégralement partie de nos vies, comment y faire régner le respect ? 

Est-ce réellement le travail d’un community manager ou d’un modérateur ? Suffirait-il enseigner aux gens les règles de bonnes conduites sur internet ? 

En effet, apprendre le respect et la tolérance dépasse malheureusement les fonctions du créateur de contenu digital. Ces concepts doivent être avant tout introduits dans les écoles, dans les lycées… voire même dans les entreprises.

Dans une société où les médias ne cessent de prôner l’ouverture d’esprit et l’acceptation des différences, il serait temps de responsabiliser la parole de chacun.