Par peur de l’humiliation ou du regard des autres, les jeunes se sont longtemps contentés de YouPorn pour (par)faire leur éducation sexuelle. C’était sans compter sur l’éclosion fulgurante de multiples comptes Instagram qui soulèvent les tabous autour du sexe.

Aujourd’hui, on vous fait découvrir ces comptes qui vont faire vibrer votre iPhone de plaisir… tout en vous éduquant.

Sexualité et Instagram

👉🏻 T’as joui ? : le plus féministe

Ce compte engagé est une création de la journaliste Dora Moutot dans le but de « libérer la jouissance des femmes ».

Son objectif : parler de sexualité de façon décomplexée, et encourager les langues à se délier. Dora a été la première surprise par l’engouement suscité par son compte Instagram qui reçoit quotidiennement un nombre considérable de témoignages, majoritairement de femmes. À force de récits endiablés, ce compte piquant est devenu une véritable communauté féministe. Who run the world ?

👉🏻 Jouissance Club : le plus pédagogique

Oubliez les images crues : l’illustratrice – Jüne – donne ses « tips » pour prendre (et donner) du plaisir au lit à travers de charmants dessins suggestifs. Au delà de ses leçons très « techniques », elle prodigue des réflexions bienveillantes autour de la sexualité.

Pour la troisième fois, la créatrice du compte a été contrainte de repartir de zéro. La raison ? Instagram a censuré son contenu, considéré comme « inapproprié ». Heureusement, elle a reçu le soutien d’autres Instagramers tels que le fameux « T’as joui » qui ont lancé pour elle le hashtag #SexualityIsNotDirty.

👉🏻 Le Bitch club : le plus drôle

Son objectif : Plaider pour une sexualité décomplexée, en y ajoutant une dose d’humour et d’autodérision.

Dans ce “club” non élitiste, délectez-vous de punchlines toutes aussi acides que poétiques. À travers de jolis mots d’esprits, le “Bitch Club” apporte un regard critique sur notre société, de façon maline et détournée.

Loin de revendiquer son label de « compte Instagram féministe », il souhaite participer à un changement des mentalités, à sa façon.

👉🏻 Merci Beaucul : le plus bienveillant

L’objectif est simple : s’éduquer à la sexualité, en toute simplicité. C’est plus communément ce qu’on appelle “allier l’utile à l’agréable”.

Delphine et Léa, ses deux créatrices, mettent en lumière une sexualité consciente et positive. Les internautes libèrent leur parole à travers des photographies artistiques et sensuelles. Un shot de bienveillance dans un monde de brutes.

Qu’est-ce qu’on dit ? Merci beaucoup.

Sexualité et auto-censure

Contrairement aux influenceurs qui mettent en valeur leurs corps lisses et consensuels, ces comptes militants font mouche. Pas de retouche, pas de censure, pas de filtres, dans tous les sens du terme.

Ces influenceurs d’un nouveau genre pourraient marquer une véritable révolution sexuelle 2.0. Et pourtant… Sur Instagram, nombre d’entre eux ont été censurés et ont été contraints de fermer leurs portes au public à plusieurs reprises. De plus, les hashtags #freethenipples et #curvy ont même été récemment censurés par Instagram.

Que doit-on en conclure ? Les femmes topless ou des illustrations sexuellement explicites sont encore considérées comme bien plus choquantes qu’un homme tétons à l’air. La liberté d’expression certes, mais sous certaines conditions.

Sexualité et jeunes

Selon un rapport* rendu par le Haut Conseil à l’égalité de 2016, une adolescente de 15 ans sur quatre ne sait pas qu’elle a un clitoris. Délaissée par l’Éducation Nationale, l’éducation sexuelle est souvent un tabou à la maison. Ainsi, les jeunes n’ont d’autre choix que de se faire leur propre éducation sur Internet. Malheureusement, entre stéréotypes et maladresses, le porno est loin de servir la cause féminine et d’apprendre aux jeunes les notions de plaisir.

Ces nouveaux influenceurs de l’éducation sexuelle ont donc un rôle essentiel à tenir. Et s’ils devenaient un jour une alternative 2.0 à la pornographie comme outil pédagogique ? 🍑

 

* Rapport du Haut Conseil à l’Egalité remis à la ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat VALLAUD-BELKACEM, et à la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, Laurence ROSSIGNOL relatif à l’Education à la sexualité : « répondre aux attentes des jeunes, construire une société d’égalité femmes-hommes » – 15 juin 2016